36 ans de passion, 60 bénévoles : la maquette ferroviaire géante au détail surprenant

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À Saint-Just-Luzac, non loin de Royan, il ne se passe pas qu’un air marin sur la Charente-Maritime… Un vent de passion anime aussi le Rail Club Océan de Marennes, association à la main verte (ou plutôt, à la main de conducteur miniature) qui a entrepris un projet sans commune mesure : reproduire dans ses moindres détails la ligne ferroviaire Cabariot-Le Chapus, aujourd’hui inexistante. Et attention, on ne parle pas là d’une aventure éphémère, mais de trente-six années de patience, de doigté… et de discussions acharnées sur la bonne teinte de ballast !

Une équipe d’experts bénévoles, soudés par la minutie

À l’origine de cette prouesse, une troupe de passionnés guidés par Jacques Poget, président du Rail Club Océan de Marennes et modéliste de la première heure. Depuis plusieurs décennies, lui et ses amis n’ont eu de cesse de bâtir des maquettes ferroviaires, mais rien ne rivalise avec cette reproduction de la Cabariot-Le Chapus. Un chantier titanesque, mobilisant près d’une soixantaine de bénévoles, chacun brillant dans sa spécialité :

  • Le menuisier conçoit les modules
  • L’électricien s’attaque à l’électrification du réseau
  • Le peintre peaufine les décors
  • Les chercheurs-cueilleurs (on exagère à peine) récoltent des plans et informations

Car rien n’a été laissé au hasard : pas moins de cinq années ont été consacrées à réunir la documentation nécessaire avant même de poser un rail miniature. « Tout a été respecté scrupuleusement », explique Jacques Poget. Et pour cause, la voie de la maquette s’étend sur 37 mètres… ce qui équivaut à 31,5 kilomètres dans le monde réel ! Ne sont représentés ici que les éléments principaux : gares, passages à niveau, lieux emblématiques. La rigueur, c’est le mot d’ordre – et pas question de tricher sur un aiguillage : tout doit coller à la réalité !

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Quand la débrouille rencontre la créativité : le secret des matériaux

La magie du modélisme, c’est aussi, parfois, de faire du beau avec du presque rien. Jacques Poget, ancien plombier chauffagiste, ne va pas vous dire le contraire ! Pour réduire les coûts (et préserver leur bourse pour des rails supplémentaires), les membres du club ont misé sur le système D. Un exemple des plus savoureux ? Le ballast – ce gravier qui garnit le dessous des rails – a vu le jour grâce à… des talons de chaussures de femme ramassés sur les plages environnantes. Oui, vous avez bien lu ! Noirs, foncés ou clairs, réduits en miettes grâce à un moulin à café, puis minutieusement tamisés, ces talons se sont transformés en matériau ferroviaire du plus bel effet. Le recyclage version modélisme, il fallait y penser !

L’entretien d’un géant, ou la lutte contre l’humidité (et autres défis)

D’accord, construire un réseau aussi grand, c’est une affaire sérieuse, mais le garder en état relève du défi permanent. La pièce abritant la maquette n’est malheureusement pas chauffée en permanence, et l’humidité s’en réjouit. Or, « l’humidité et l’électronique, ça ne va pas ensemble », prévient Jacques Poget. Conclusion : il faut frotter régulièrement les voies avec ce que les connaisseurs appellent des gommes, histoire de leur redonner leur brillance et garantir un bon contact. Pas de place pour la négligence sous peine de voir toute une rame s’arrêter en gare… sur un coup d’humidité.

Heureusement, bonne humeur et accueil ne souffrent d’aucune panne : Jacques Poget ouvre volontiers les portes de son royaume miniature aux curieux, moyennant la modeste somme de quatre euros par visiteur. Cerise sur la maquette, il vous offre même d’admirer en grandeur nature la gare de Saint-Just-Luzac, à deux pas de sa maison, pour comparer l’art et la réalité.

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Un vibrant hommage au passé ferroviaire

La ligne Cabariot-Le Chapus ne voit plus passer de trains depuis 1986, mais grâce à l’opiniâtreté et l’ingéniosité de Jacques Poget et de ses complices, sa mémoire circule toujours au cœur du club. En visitant cette maquette extraordinaire, on découvre non seulement une technicité hors pair, mais surtout une passion généreuse, ancrée dans le partage et la transmission. L’occasion de s’offrir un voyage dans le temps, tout en restant bien ancré… sur les rails du rêve.

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