Ni avion ni TGV : le train blindé ultra-lent et luxueux de Kim Jong-un dévoile ses secrets

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Oubliez le TGV et les files d’attente à Roissy : quand Kim Jong-un quitte son pays, il ne s’installe ni dans le cockpit d’un A380, ni dans un wagon Ouigo. Non, le dirigeant nord-coréen se déplace à bord d’une impressionnante forteresse roulante, un train blindé dont la lenteur n’a d’égale que sa réputation de luxe et d’invulnérabilité. Toute ressemblance avec votre TER préféré s’arrête ici : bienvenue dans l’univers ultra-sécurisé et feutré du “train de Kim”.

La forteresse ambulante : sécurité maximale sur rails

Pourquoi Kim Jong-un boude-t-il si souvent l’avion ? Non pas qu’il en ait la phobie, à la différence de son illustre père Kim Jong Il, mais tout simplement parce qu’il considère l’appareil bien trop vulnérable aux attaques. À l’instar de son père et de son grand-père, le leader nord-coréen privilégie le train pour ses déplacements au-delà des frontières.

Surnommé « la forteresse ambulante », ce train suscite fascination et questions. Dernière apparition médiatique : une arrivée remarquée à Pékin, où le mystérieux véhicule olive devait déposer son passager vedette à un immense défilé militaire aux côtés des présidents russe et chinois. L’occasion parfaite pour exposer au monde cette locomotive hors normes.

Alors, de quoi s’agit-il exactement ? Fabriqué à Pyongyang en plusieurs exemplaires presque identiques, le train de Kim est intégralement blindé : vitres renforcées, parois et même plancher, rien n’est laissé au hasard. Selon le ministère sud-coréen de l’Unification, l’équipement sécurisé ne s’arrête pas là :

  • Armes d’assaut à bord
  • Hélicoptère utilisable en cas d’urgence
  • Capacité à faire machine arrière face à un imprévu
  • Itinéraires imprévisibles — bien plus qu’en avion !

Pour ajouter une couche de sécurité, des militaires sont systématiquement déployés tout le long du parcours emprunté par le convoi.

Ambiance à bord : entre bureaux connectés et festin cinq étoiles

La vie à bord du train-qui-ne-dort-jamais n’est pas celle d’un simple contrôleur SNCF, loin de là. Les images diffusées par les médias officiels nord-coréens mardi dernier montrent Kim Jong-un tout sourire, installé dans un bureau mobile digne d’un ministre en télétravail : ordinateur portable, cendrier, imprimante, téléphones fixes, lampe de bureau… et une montagne de documents étalés face à Choe Son Hui, la ministre des Affaires étrangères, assise à ses côtés. Ce dispositif a pour vocation d’offrir, selon Park Min-ju de l’Institut national d’éducation pour l’unification, « une démonstration de puissance » et une image du dirigeant travaillant d’arrache-pied, même au cœur de la nuit.

Mais la vraie surprise se cache derrière les rideaux, là où les caméras d’État s’aventurent rarement. D’après un officiel russe ayant eu le privilège — et l’appétit — d’être invité dans cette forteresse roulante, on y déguste sans difficulté du homard, accompagné des meilleurs vins français. Rien n’est trop beau pour le chef, visiblement. Enfin, selon la version officielle nord-coréenne, c’est dans ce même train que le grand-père Kim Il Sung a rendu son dernier souffle en 2011. Dans le train, tout arrive : travail nocturne, grand spectacle et, parfois, destin historique…

Quand sécurité rime avec lenteur (et patience à toute épreuve)

Toute cette sécurité a cependant un coût : la patience. Le train blindé de Kim, paré à toute éventualité, traîne son impressionnante carcasse à une allure de sénateur. Impossible de dépasser 60 km/h, soit environ cinq fois moins rapide qu’un TGV. De quoi faire pâlir d’envie tous ceux qui pestent après les retards ferroviaires…

L’exemple le plus saisissant ? En 2001, Kim Jong Il a mis… vingt-quatre jours à parcourir les 20 000 kilomètres séparant Pyongyang de Moscou aller-retour ! Un trajet qui aurait nécessité seulement quelques heures par la voie des airs. Mais voilà, le patriarche de la dynastie craignait farouchement l’avion, au contraire de son fils, qui lui, adore piloter et n’hésite pas à le montrer dans ses films de propagande.

Kim Jong-un : un amateur d’avion malgré tout… en mode incognito ?

Contrairement à son père, Kim Jong-un aime voler. On l’a même vu aux commandes d’un avion lors d’un tournage officiel en 2014, et il dispose d’un appareil présidentiel baptisé « Chammae-1 ». Il lui est arrivé d’emprunter l’avion pour se rendre à l’étranger : deux fois en Chine, une autre fois à Singapour pour son sommet avec Donald Trump en 2018. Petite pirouette : lors de ce voyage-là, il a préféré un « vrai faux vol commercial » en Boeing 747 opéré par Air China, changeant de direction et d’immatriculation, alors que l’ancien Iliouchine-62 national volait à vide vers Singapour — la fiabilité n’étant manifestement plus au rendez-vous.
À propos du dernier déplacement en Chine, mystère sur le moyen de transport finalement emprunté : aucune preuve n’atteste que Kim a bien pris place dans son fameux train.

En résumé : la prochaine fois que votre TER traîne un peu, rappelez-vous qu’au moins, vous n’attendez pas derrière une forteresse roulante de 60 km/h où homard et grands crus sont à la carte ! Après tout, voyager lentement, c’est — parfois — un privilège réservé aux plus puissants…

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