10 000 euros par an pour vivre sans maison : ce jeune travaille, dort et mange dans les trains

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Imaginez parcourir l’Allemagne à toute allure, sans jamais vous soucier d’un loyer, d’une cuisine à récurer ou d’une boîte aux lettres à vider. Non, ce n’est pas le synopsis d’un film d’aventure ferroviaire, mais bien la réalité — très mobile — de Lasse Stolley, jeune Allemand de 17 ans qui a troqué la maison contre les wagons. Envie d’un récit où le bureau bouge plus vite qu’un TGV en grève ? Accrochez vos ceintures (de sécurité ou de pantalon, au choix) : embarquement immédiat !

Une vie sur les rails, vraiment ?

Oubliez Bali et la Thaïlande : pour Lasse Stolley, c’est dans les trains à grande vitesse allemands de la Deutsche Bahn que tout se passe. Depuis un an, il vit littéralement dans les wagons, en toute légalité. Ah, l’Allemagne et son incroyable Bahncard 100 illimitée ! Grâce à cette carte magique, Lasse voyage en première classe, dort dans des trains de nuit (avec parfois des compagnons de compartiment moins sympathiques que des oreillers) et prend le petit-déjeuner presque n’importe où – ou plutôt, partout.

Organisation d’une vie roulante

Comment vivre ainsi sans finir affamé ou débraillé ? Lasse a la solution :

  • Pour manger : haltes stratégiques dans les supermarchés ou, mieux, buffets gratuits proposés dans les salons de la Deutsche Bahn en gare. Qui a dit que le wagon-resto était obligatoire ?
  • Pour la douche : direction les piscines publiques. Certes, il fait des longueurs pour la propreté plus que pour un record olympique…
  • Pour dormir : siestes et nuits sont au menu dans les trains de nuit. L’inconvénient ? « La vie privée n’existe plus du tout », confie-t-il. Mais quel autre choix que de s’ouvrir à la collectivité quand on partage un wagon ?
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Côté bagages, Lasse voyage léger (c’est le cas de le dire !) :

  • 4 t-shirts
  • 2 pantalons
  • un oreiller cervical
  • une couverture de voyage
  • et tout le nécessaire informatique dans un sac à dos de 36 litres.

Pour l’instant, il n’a pas droit à la palme du sommeil le plus paisible : « Les premiers mois ont été difficiles, » admet-il, « j’ai dû apprendre beaucoup de choses sur le fonctionnement de la vie à bord du train ». S’endormir dans un wagon, ce n’est pas exactement comme compter les moutons dans une chambre douillette : il a fallu un temps d’adaptation.

Travailler en mouvement permanent

Loin d’être lavé de tout devoir, Lasse est programmeur informatique. Il bosse, code et résout des bugs depuis son siège de train, à raison de 1 000 kilomètres parcourus chaque jour sur les rails allemands. Entre deux lignes de code, s’il le peut, il se dégourdit les jambes : promenade en bord de mer Baltique, randonnée jusqu’au sommet de la Zugspitze… Il profite de chaque escale selon l’humeur et trouve dans cette existence un bonus inattendu : une liberté totale dans la planification de ses jours.

Depuis qu’il a quitté le domicile familial à 16 ans, Lasse a engrangé plus de 500 000 kilomètres sur le réseau ferré allemand. Finir par connaître les contrôleurs du train par leur prénom ? Ce n’est pas impossible !

Coût, défis et perspectives

Vivre dans les trains, ça coûte combien ? Comptez environ 10 000 euros par an, dont la moitié pour la fameuse Bahncard 100. Le reste part surtout dans l’entretien de son matériel informatique – il faut dire que les touches du clavier ne se reposent jamais ! La question du vol revient elle aussi à la gare : « Il y a beaucoup de vols dans les trains de nuit, » regrette-t-il, mais cela ne l’arrête pas dans son envie de continuer. Il espère même, à l’avenir, devenir entièrement autosuffisant.

  • Budget annuel : 10 000 euros
  • Dépenses clés : Bahncard (environ la moitié), entretien de l’informatique
  • Vie privée : quasi inexistante, mais liberté maximale
  • Objectif futur : autosuffisance
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Conclusion : Lasse Stolley étonne par sa ténacité et son art de transformer les rails en résidence principale – un mode de vie qui exige une organisation millimétrée, une bonne dose d’audace, mais surtout, une envie irrépressible de liberté. Qui a dit que le train-train quotidien était ennuyeux ? Si ce mode de vie vous inspire, commencez peut-être par une petite sieste dans un TER avant de vendre votre matelas…

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