Le 18 septembre n’était qu’un échauffement. Le 2 octobre, ce sera (vraiment) le match retour. Et cette fois, les grévistes promettent de faire trembler les rails.
La scène est désormais bien connue : un appel à la grève, quelques tracts aux titres bien sentis, et des voyageurs qui croisent les doigts en rafraîchissant frénétiquement leur appli SNCF. Sauf que cette fois, tous les signaux sont au rouge : les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, d’habitude rarement tous sur la même longueur d’onde, ont signé un appel commun à la mobilisation. Et quand CGT, Unsa ferroviaire, Sud Rail et CFDT Cheminots avancent ensemble, ce n’est pas pour faire de la figuration.
L’acte I, c’était juste pour poser les bases
Le 18 septembre dernier, lors d’un premier round de contestation, le trafic avait été peu perturbé côté TGV : 90 % des trains à grande vitesse avaient circulé, comme si la mobilisation s’était surtout cantonnée aux Intercités et aux TER. Beaucoup avaient donc haussé les épaules : « Encore une grève SNCF ? Bah, on a vu pire. »
Sauf que voilà : l’histoire ne s’arrête pas là. Cette première journée de mobilisation a, semble-t-il, servi de répétition générale. Un galop d’essai, avant la grande chevauchée.
« C’est le moment de taper fort »
C’est Sud Rail qui met les pieds dans le ballast. Sur BFMTV, Julien Troccaz, secrétaire fédéral du syndicat, ne mâche pas ses mots : « C’est le moment de taper très fort, on a des revanches à prendre. » Ambiance. L’intersyndicale n’a pas l’intention de jouer les figurants ce jeudi 2 octobre. Les fédérations appellent les cheminots à se mobiliser « massivement, par la grève et dans la rue ». Le ton est donné.
Et la cible est claire : le gouvernement. Dans leur tract commun, les syndicats accusent l’exécutif de persister dans une politique « qui privilégie les plus riches au détriment des travailleurs ». Pour eux, c’est niet. Ils réclament des ruptures nettes, aussi bien au sommet de l’État qu’au sein de la direction de la SNCF. Rien que ça.
Une grève, mais pas seulement
Derrière cette grève, il y a évidemment un ras-le-bol plus large. Celui de milliers de salariés, pas uniquement à la SNCF, qui se sentent de plus en plus ignorés dans les grandes décisions économiques et sociales. L’appel du 2 octobre s’inscrit dans un cadre plus vaste, celui de l’intersyndicale interprofessionnelle, qui souhaite frapper un grand coup sur tous les fronts : salaires, conditions de travail, justice sociale.
Alors non, il ne s’agit pas uniquement d’une histoire de roulement de trains. C’est une démonstration de force annoncée, une façon de dire que la résignation n’est pas au programme. Et que, côté cheminots, la détermination est intacte.
Et pour les usagers ?
Eh bien… patience, organisation et un soupçon de philosophie. Le trafic risque fort d’être fortement perturbé, surtout en régions. Des prévisions précises seront sans doute communiquées la veille (ou la veille de la veille, si la SNCF est en forme). D’ici là, préparez votre plan B : covoiturage, télétravail, vélo si vous êtes joueur, ou tout simplement… rester chez soi avec un bon café.
Mais au-delà du désagrément passager, c’est bien un rapport de force social qui est en train de se rejouer sur les quais. Et qui pourrait bien, cette fois, laisser des traces.

Victor Beaumont est un grand passionné de voyages et de mobilité, avec une affection toute particulière pour les trains. Depuis son enfance, il aime observer les locomotives, découvrir de nouvelles lignes ferroviaires et s’intéresser aux innovations qui transforment nos déplacements. Pour Victor, le voyage ne se résume pas à la destination : c’est l’expérience du trajet qui compte. Dans ses articles, il partage cette passion en proposant des idées pour voyager malin, comparer les moyens de transport et redonner au train la place qu’il mérite dans notre quotidien.





