Décidément, mieux vaut ne pas trop miser sur la ponctualité ferroviaire ce week-end ! À l’orée des vacances scolaires pour bon nombre de Français, un mouvement de grève des contrôleurs menace sérieusement la fluidité du trafic. Mais derrière la traditionnelle pagaille dans les gares, une question revient avec insistance : pourquoi diable la SNCF ne fait-elle pas simplement partir ses TGV et Intercités sans chef de bord ? Voici, sans détour, la vraie raison (et non, ce n’est pas pour vous ennuyer !).
Un week-end de galère sur fond de vacances scolaires
Ce week-end s’annonce corsé pour les voyageurs. Coïncidant pile-poil avec le cœur des vacances de la zone C (Île-de-France, Montpellier, Toulouse) et le coup d’envoi de la zone A (Bordeaux, Lyon, Grenoble…), la grève des contrôleurs, à l’appel de la CGT et de Sud Rail, pourrait prendre une ampleur majeure. Résultat ? La SNCF espère tant bien que mal faire circuler un TGV sur deux les 16, 17 et 18 février.
Vous comptiez rejoindre la famille ou filer sur les pistes ? Les clients, avertis poliment par SMS et mail (car la SNCF ne vous oublie pas), sont invités à décaler leur voyage à jeudi ou lundi, les jours maudits étant à éviter. Et que les infortunés exclus prennent note : un « dédommagement exceptionnel » est prévu pour ceux qui ne pourront pas voyager du tout.
Mais pourquoi pas de train sans chef de bord ?
Les mauvaises langues pourraient se demander : « Quand on a un train et un conducteur, on ne peut pas partir ? » Eh bien non. Interrogée à ce sujet, la SNCF Voyageurs est catégorique : « il est impossible, pour des raisons de sécurité et de sûreté, de faire circuler un TGV sans chef de bord ». Même chose pour les Intercités, sans exception.
- Ce n’est pas une lubie maison mais une question de normes de sécurité nationales.
- C’est le chef de bord qui veille en permanence à la sécurité des voyageurs à bord.
- Son rôle va bien au-delà du contrôle des billets et du sourire (ou pas) d’accueil.
En clair, le chef de bord, c’est le garant du bon déroulement du voyage, le véritable gardien du train. Il répond à vos questions, il vous aide à trouver votre place, mais c’est aussi lui qui :
- Vérifie tout sur le quai avant le départ et donne le précieux signal au conducteur.
- S’assure que les portes sont fermées à double tour (enfin, vous voyez l’idée).
- Est le seul à pouvoir communiquer avec le conducteur, qui vit reclus dans sa cabine.
- Intervient si le train s’arrête en pleine voie ou s’il doit organiser un transbordement des voyageurs vers un autre train.
Voilà pourquoi le remplaçant du chef de bord ne peut pas être un simple automate ou une IA cachée dans un distributeur de sandwiches… c’est aussi une histoire de sécurité, avant tout !
Et dans les TER ou les Transiliens ?
La SNCF a son lot d’exceptions, comme une bonne vieille recette familiale. Tous les trains n’ont pas nécessairement un contrôleur à bord. En particulier, sur certains TER (trains express régionaux) et Transiliens, on trouve des trains équipés d’un « agent seul », qu’on nomme dans le jargon EAS (Équipement à Agent Seul).
Dans ce cas, le conducteur assure tout :
- la fermeture automatique des portes,
- les annonces aux voyageurs,
- la surveillance de ce qui se passe à bord.
Les trains concernés sont blindés d’équipements modernes : fermeture des portes automatisée, audios derniers cris, caméras digitales.
Précisons que ce système a été lancé sur les trains d’Île-de-France dès 1975, avant de gagner du terrain sur les TER de différentes régions. Mais tout n’est pas rose : l’EAS a aussi fait grincer des dents les syndicats, surtout après un accident en octobre 2019 dans les Ardennes, entre un TER et un convoi exceptionnel bloqué sur un passage à niveau.
Un contexte social loin d’être réglé
Derrière cette nouvelle grève, il y a aussi une grosse dose de malaise social. Rappel : à Noël dernier, déjà, un mouvement massif de chefs de bord avait semé la zizanie juste avant les fêtes et privé de train pas moins de 200 000 voyageurs. Un accord avait été trouvé, mais les syndicats, soutenus par un collectif de contrôleurs actif sur Facebook depuis fin 2022, dénoncent la non-application des engagements pris.
Ce climat tendu, combiné à l’importance cruciale du chef de bord pour le fonctionnement des TGV et Intercités, explique pourquoi la SNCF se retrouve aujourd’hui coincée, avec des trains parfois cloués au quai faute de bras… et de gilet rouge réglementaire.
En résumé : Si ce week-end vous voyez un TGV à l’arrêt, ce n’est pas qu’il boude, mais qu’il lui manque tout simplement son chef de bord – la pièce maîtresse du puzzle ferroviaire français. Pas de panique, surveillez vos SMS et gardez un œil sur votre boîte mail : la SNCF vous informera de la situation et, en attendant, profitez-en pour relire « Le Train sifflera trois fois »… au chaud chez vous ou sur le quai, selon l’humeur du calendrier social.

Victor Beaumont est un grand passionné de voyages et de mobilité, avec une affection toute particulière pour les trains. Depuis son enfance, il aime observer les locomotives, découvrir de nouvelles lignes ferroviaires et s’intéresser aux innovations qui transforment nos déplacements. Pour Victor, le voyage ne se résume pas à la destination : c’est l’expérience du trajet qui compte. Dans ses articles, il partage cette passion en proposant des idées pour voyager malin, comparer les moyens de transport et redonner au train la place qu’il mérite dans notre quotidien.





